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WATCH! / 2019
Regarde ! Regarde bien ce que tu n’as jamais vu. Un torse nu de femme exposé dans la rue.

Il s’agit de concrétiser le passage du corps image au corps acteur, actif, des artistes femmes, et d’interroger la visibilité, l’invisibilité de la représentation du corps des femmes dans l’espace public.

“Marie Clauzade redistribue radicalement les cartes de la représentation du nu féminin. Son travail est issu de l’édition 2019 du festival Magdalena, qui se focalise sur la création artistique par des femmes. Invitée dans la programmation. La photographe avait alors sollicité toutes les autres artistes de disciplines diverses, à exposer leurs torses nus devant son objectif. Ainsi tout se déplace. Premièrement : c’est une artiste femme qui est aux commandes de cette visibilisation. Deuxièmement : les termes de sa recherche sont consciemment partagés par les femmes pleinement sujets de son travail. Troisièmement : une part du traitement de la situation s’élabore sur un mode d’échange collaboratif, entre femmes artistes. […]

De mini mises en scènes sont produites au niveau de la prise de vue, ou du traitement ultérieur de l’image : enduits, pigmentations, colorations, dessins sur la peau, jeux de plis, ou de postures un peu marquées. Chaque torse devient un théâtre de la création de soi,
affirmé au tamis d’une subjectivité créatrice. Les seins montrés sont les marqueurs inventifs d’une personnalité corporelle, et du regard de l’artiste qui s’est posé sur eux. Ces seins sont valorisés, subjectivés, dans ce nouveau schéma transactionnel. Voilà qui est éminemment politique. A cet égard, les photographies de Marie Clauzade, avec toute leur franchise affranchie, ont de quoi déranger, surprendre, bousculer un ordre établi de la représentation.

Gérard Mayen